La Décarbonation : une mise en second plan de l’économie circulaire ?

La « décarbonation », c’est LA nouvelle tendance automne/hiver de cette année, on l’entend partout, et pour cause : la fameuse crise énergétique qui est venue pointer le bout de son nez (ah bon, elle n’était pas déjà là ?!) ? En tous cas, vous nous connaissez, chez SoluCir on aime rassembler et non exclure, mais on peut se poser la question : quel est le lien entre décarbonation et économie circulaire ?

Avant tout, la décarbonation, c’est quoi ? En une phrase : la réduction des Gaz à Effet de Serre (GES)

Les gaz à effet de serre, comme vous le savez déjà, ce sont les gaz qui nous entourent, comme une petite couverture, et nous tiennent bien au chaud … un peu trop au chaud d’ailleurs, puisque l’augmentation de leur concentration dans l’atmosphère est l’un des facteurs à l’origine du réchauffement climatique. Et cette augmentation, elle est due à l’activité humaine. On parle principalement de CO2, mais ce n’est pas le seul : N2O, gaz fluorés, CH4 – méthane, vapeur d’eau … ils sont tout une tribu !

Voici les ambitions fixées pour réduire la production de ces gaz à l’échelle mondiale, européenne et française

Vous pouvez retrouver la stratégie nationale bas carbone ici : https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc
(Source : ADEME)

Accord de Paris

Limiter le réchauffement climatique à un niveau bien inférieur à 2°C, de préférence à 1,5°C, par rapport au niveau préindustriel.

Déclinaison au niveau UE

Paquet « Ajustement à l’objectif 55 » (Fit For 55) – 55% des GES au niveau UE entre 1990 et 2030

Déclinaison au niveau France

Stratégie Nationale Bas Carbone 2 (SNBC2) – 35% des GES dans le secteur industriel entre 2015 et 2030

L’idée est de mettre en œuvre des moyens d’actions sur les secteurs

  • Des transports
  • Du bâtiment,
  • De l’agriculture
  • De l’industrie,
  • De la production d’énergie
  • Des déchets

Grâce aux leviers suivants

  1. Sobriété
  2. Modification des intrants matière
  3. Amélioration de l’efficacité énergétique
  4. Substitution des énergies carbonées

On pense donc tout de suite CO2, énergie et échelle géographique restreinte… (évidemment, si on délocalise tout, la France aura une émission de GES très basse… ?)

Donc si on se concentre uniquement sur le CO2, alors que le problème est global, on risque d’oublier notre impact sur l’épuisement des ressources, sur la biodiversité, sur la pollution des sols et des océans,

Ce serait dommage de concentrer tous nos efforts uniquement sur les GES, et de traiter la conséquence plutôt que la cause, car notre impact est bien plus large ! Tout comme ce serait dommage de réduire l’économie circulaire uniquement aux ressources matières…

Lorsqu’on parle de ressources, on parle de matière, mais pas seulement : incluons aussi l’eau douce et les énergies !

Lorsqu’on parle de déchets, là encore, il y a bien sûr la matière, mais pas seulement : on peut aussi inclure les rejets de pollution dans les sols, l’air ou encore l’eau

Et l’économie circulaire, c’est justement le fait de résoudre ces deux problématiques : limiter l’épuisement des ressources et la production de déchets … (et donc des GES)

Voyons donc ce que ça donne dans les faits … ?

On reprend nos leviers et, concrètement, comment « on se décarbone » ?

1/ Sobriété : on réduit, on ne gaspille pas, on change les comportements !
→ Levier de l’économie circulaire : Éco-conception, économie de la fonctionnalité, consommation responsable et chasse au gaspillage !

2/ Modification des intrants matière (moins d’intrants, Incorporation de Matières Premières Recyclées, valorisation des co-produits, …)
→ Levier de l’économie circulaire : Recyclage et surtout, approvisionnement durable en réintégrant la matière recyclée dans ses process !

3/ Amélioration de l’efficacité énergétique : optimiser la consommation d’énergie (performance, meilleur calorifugeage, récupération de chaleur fatale…)
→ Levier de l’économie circulaire : Pourquoi ne pas réfléchir l’efficacité de manière collective grâce à l’écologie industrielle et territoriale (EIT) en utilisant la chaleur fatale (perdue) des uns pour en faire la ressource des autres par exemple ? Et oui, car l’EIT s’applique à tous les flux : matière, énergie, eau, mais aussi mutualisation de compétences, d’espaces, d’outils…

4/ Substitution des énergies carbonées (combustible bas carbone, …)
→ Levier de l’économie circulaire Biogaz à partir de déchets organiques, Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchet non recyclé aujourd’hui …

Voilà comment, in fine, l’économie circulaire couvre bien les enjeux de décarbonation et permet de le faire grâce à de nombreuses actions concrètes !

Vous l’aurez compris, ce ne sont pas les mots que l’on emploi qui comptent, mais bien les actions que l’on fait ! Pour reprendre les mots de l’écologiste David Brower, « There is no business to be done on a dead planet”

Chers acteurs économiques : rejoignez le mouvement, entrez dans la boucle et dans le réseau SoluCir ! ?

Mélisse Carcassonne